Quand Valls prend les Français pour des imbéciles
"On va lever les incompréhensions", voilà comment le premier ministre justifie sa première reculade.
Les Français n'ont pas compris même ces députés de droite qui sont prêts à voter la casse sociale généralisée. Hollande a donc demandé de faire de la pédagogie. Valls, Macron, El Khomri sont priés d'expliquer au bon peuple comment le Medef va massacrer le Code du travail. Expliquer que faire travailler un apprenti 40 heures est une avancée, que le plafonnement des indemnités prud'homales est une mesure sociale, que baisser les salaires jusqu'à cinq ans de suite c'est développer le pouvoir d'achat.
Il y aura malheureusement quelques "responsables" syndicaux qui goberont ces ficelles usées jusqu'à la corde. Mais aujourd'hui, la très grande majorité des salariés et des jeunes ont compris l'arnaque que veut faire passer ce gouvernement libéral.
Une nouvelle fois, ce sont les jeunes qui donnent le ton. Syndicats étudiants et mouvements de jeunes des partis de gauche mais aussi les jeunes socialistes appellent à manifester le 9 mars. Nous y seront avec la CGT, avec les militants communistes et nous verrons bien qui sera là et qui ne sera pas présent.
J'ai apprécié la prise de position de Martine Aubry mais cela ne suffit pas. La "loi travail" comme l'appelle bizarrement Valls est un marqueur : soit on demande son retrait pur et simple soit on essaye de l'aménager et d'une manière ou d'une autre participer au rassemblement essentiel pour 2017 !
Valls le pédagogue qui rame dans les sondages entrainé par Hollande l'homme qui sait parler à l'oreille des patrons, n'a pas prévu que le texte élaboré par le Medef et validé par ses soins reçoive un tel accueil.
Bientôt un million de signatures, des syndicats poussés par leurs bases à agir y compris les amis du Medef, un PS qui explose, la droite qui apporte son soutien, les jeunes en première ligne... où est l'incompréhension ?
Alors rendez-vous le 9 mars, puis les 31 et 31 pour une riposte digne de l'attaque, pour que cesse le mépris et le cynisme d'un pouvoir déconsidéré et moribond.